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Le repas conscient
ou l’acte de manger au
présent
|
par Pauline Franche auteur-éditeur de |
revue L'Envol des Publications de L'Aigle d'or Décembre, janvier,
février 1999 . |
Le processus d’Éveil de la
Conscience auquel l’époque actuelle nous convie, s’applique à tous les actes du
quotidien, dont celui de s’alimenter. Plusieurs heures chaque jour sont
consacrées aux activités liées au repas : achats, préparation, consommation,
rangement. Ces gestes, devenus machinaux, ont pourtant des répercussions sur
tout l’être. Interrogeons-nous sur les motifs qui incitent à manger, sur les
aliments consommés et sur les conditions dans lesquelles ils le sont.
POURQUOI
MANGER ?
Pour ne pas
mourir !
La croyance populaire dit que nous mourrons si nous
ne mangeons pas. Donc nous mangeons sans avoir vraiment faim, ce qui alourdit
le corps et l’esprit. Attendre la faim et le goût de manger peut nous amener à ne
prendre qu’un seul repas dans la journée ou rester même quelques jours sans
manger. Cette expérience sera alors l’occasion d’une riche et profonde
rencontre avec soi.
Parce qu’il
est l’heure !
Souvent le repas est soumis à des conventions,
l’heure étant la plus courante d’entre elles. Le souci de politesse, le goût,
la beauté et la rareté d’un plat, l’agréable compagnie ou l’événement
exceptionnel sont autant d’occasions, de prétextes qui entraînent l’abus.
Pour faire
plaisir à maman !
Souvent on apprend au bébé à manger pour faire
plaisir. Une bouchée pour papa, une
bouchée pour maman... illustre bien ce comportement qui perdure à l’âge
adulte. Le refus d’un plat offert par un proche peut être perçu comme un rejet.
Par conséquent, pour recevoir l’estime de l’autre, le respect de soi. est mis à
l’écart.
Pour se
changer les idées !
L’acte de
manger comporte souvent une charge émotive importante accumulée depuis
l’enfance. Il sert de fuite des émotions
ou de consolation. Pendant ce temps, les problèmes sont oubliés.
L’écoute de l’émotion ressentie au moment d’ouvrir le
réfrigérateur offre l’opportunité d’accueillir l’émotion et d’apprendre à
travers elle ou d’avaler n’importe quoi pour l’engourdir. Tôt ou tard elle
refera quand même surface.
CE QUE JE
MANGE ?
Ça m’est
égal !
Il est facile d’ingurgiter n’importe quel aliment,
mais est-il en harmonie avec soi ? La provenance des aliments, les méthodes
d’entreposage et de conservation, les conditions d’élevage et d’abattage des
animaux et les produits utilisés en agriculture ont un impact réel sur l’être
tant au niveau physique que subtil.. Sommes-nous heureux des aliments que nous
offrons à notre corps ?
Je ne veux
pas le savoir !
Une fois informé, donc conscient, il devient
difficile d’être indifférent. La découverte d’une disharmonie est troublante
car elle impose un choix : conserver son comportement alimentaire en
sachant les conséquences qu’il entraîne ou entamer un changement. Un être
conscient est un être responsable de ses choix.
MAIS
QU’EST-CE QU’ON A MANGÉ ?
J’ai la tête
ailleurs !
Le repas peut être pris en vitesse sur le coin de la
table ou dans l’auto, distraitement devant la télé ou dans le tumulte d’une
conversation.. Le repas passe ainsi sans que nous soyons présents à ce que nous
faisons ni aux conditions dans
lesquelles nous le faisons.
Quand je
mange, je mange !
Il est précieux de prendre le temps de mastiquer et
savourer l’aliment, de se laisser imprégner par son arôme, sa texture. C’est pour
moi le sens d’être Conscient, Présent, Entier dans l’acte de manger. Chacun de
nos gestes mérite une attention particulière et devient ainsi CONSCIENT.
Tous droits
réservés Copyright © 2001 Éditions yab-yum À jour au vendredi, 9 août, 2002